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Intérêts Communaux Nassogne

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Le soleil, le bois, l’eau, le sol et les chaleurs déjà disponibles

Pendant longtemps, nous avons considéré l’énergie comme une ressource venue d’ailleurs.

  • Le pétrole arrivait par bateau ou par oléoduc.

  • Le gaz traversait les frontières.

  • L’électricité était produite loin de nos villages avant d’être acheminée jusqu’à nos maisons.

 

Cette organisation a permis de répondre efficacement à nos besoins pendant plusieurs décennies. Mais elle a aussi créé une forte dépendance.

  • Dépendance aux marchés internationaux.

  • Dépendance aux conflits.

  • Dépendance aux décisions prises loin de notre territoire.

  • Dépendance à des ressources dont le prix peut varier brutalement.

 

Face à cette fragilité, une autre question mérite d’être posée :

 

Que pouvons-nous produire à partir des ressources déjà présentes à Nassogne ?

 

La réponse ne se trouve pas dans une solution unique. Elle se trouve dans la diversité du territoire.

  • Le soleil.

  • Le bois.

  • L’eau.

  • Le sol.

  • Les chaleurs perdues.

  • Les bâtiments.

  • Les espaces disponibles.

 

Autant de ressources qui, bien utilisées, peuvent contribuer progressivement à renforcer notre autonomie.

Une ressource locale n’est pas une ressource illimitée

Produire localement ne signifie pas exploiter sans compter.

  • Une forêt peut fournir du bois, mais elle doit rester capable de se renouveler.

  • Une rivière peut contribuer à un projet énergétique, mais son équilibre écologique doit être préservé.

  • Une toiture peut accueillir des panneaux photovoltaïques, mais toutes les orientations ne sont pas adaptées.

  • Le sol peut fournir de la chaleur, mais les installations doivent être correctement dimensionnées.

 

Une ressource locale n’a donc de valeur que si elle est utilisée durablement. La transition énergétique ne doit pas remplacer une dépendance par une autre. Elle doit apprendre à respecter les capacités du territoire.

Le soleil : une ressource largement disponible

Le soleil est sans doute la ressource énergétique la plus visible. Chaque toiture bien orientée peut produire de l’électricité. Chaque bâtiment public, entreprise, exploitation agricole ou logement peut potentiellement contribuer à cette production.

 

Le photovoltaïque présente plusieurs avantages.

  • Il est silencieux.

  • Il peut être installé progressivement.

  • Il valorise des surfaces déjà construites.

  • Il produit sans combustion.

  • Il permet également aux habitants, aux entreprises et aux pouvoirs publics de devenir eux-mêmes producteurs.

 

Mais le soleil possède une limite évidente. Il ne produit pas à la demande. La production varie selon les saisons, la météo et les heures de la journée. Elle est généralement plus importante en été, lorsque les besoins de chauffage sont faibles.

 

Le photovoltaïque ne peut donc pas être considéré isolément. Il doit être relié aux consommations, au stockage, aux bâtiments voisins et, demain, aux communautés d’énergie.

 

La question ne sera plus seulement : Combien pouvons-nous produire ?

 

Elle deviendra :

Comment utiliser cette production au meilleur moment et au bénéfice du territoire ?

Le bois : une ressource historique à gérer avec prudence

La forêt occupe une place importante à Nassogne.

  • Elle façonne les paysages.

  • Elle protège les sols.

  • Elle participe au cycle de l’eau.

  • Elle accueille une biodiversité remarquable.

  • Elle constitue aussi une ressource économique et énergétique.

 

Les sous-produits forestiers, les plaquettes de bois et certains bois de qualité secondaire peuvent alimenter des réseaux de chaleur ou des chaufferies performantes.

 

Utilisé dans de bonnes conditions, le bois peut remplacer une partie des combustibles fossiles actuellement importés. 

 

Mais cette ressource doit être considérée avec prudence.

  • Le bois destiné à la construction ou à des usages durables doit conserver la priorité.

  • La forêt ne peut pas être réduite à un stock de combustible.

  • Les volumes prélevés doivent rester compatibles avec sa capacité de renouvellement.

  • Le séchage, le transport et la qualité du combustible doivent être maîtrisés.

  • Les installations doivent également limiter les émissions atmosphériques.

  • Le bois énergie est donc pertinent lorsqu’il s’inscrit dans une gestion forestière durable, locale et planifiée.

 

Il ne s’agit pas de brûler davantage. Il s’agit de mieux valoriser une partie de la ressource disponible.

L’eau : une ressource à protéger avant de l’utiliser

Nassogne possède un patrimoine hydrologique important.

  • Sources.

  • Ruisseaux.

  • Rivières.

  • Captages.

  • Zones humides.

 

Ces ressources sont essentielles à la vie quotidienne, à l’agriculture, à la biodiversité et à l’alimentation en eau potable. Leur première fonction doit toujours être préservée.

 

Mais l’eau peut également contribuer à certains projets énergétiques. Une rivière ou une nappe peut contenir une chaleur naturellement disponible, même lorsque son eau paraît froide.

 

Cette énergie peut être récupérée grâce à une pompe à chaleur. On parle alors d’aquathermie. Cette solution pourrait, dans certains lieux, contribuer à alimenter des bâtiments ou un réseau de chaleur.

 

L’eau peut également jouer un rôle indirect. Les zones humides limitent les effets des sécheresses. Les sols capables d’absorber les pluies réduisent les risques de ruissellement. Les forêts protègent les captages. Préserver l’eau renforce donc aussi la résilience énergétique du territoire.

 

Car sans eau disponible et de qualité, aucune stratégie de développement durable ne peut fonctionner.

Le sol : une chaleur discrète mais constante

Sous nos pieds se trouve une autre ressource souvent oubliée. Le sol conserve une température relativement stable au cours de l’année.

 

Cette chaleur peut être récupérée grâce à des sondes géothermiques ou à des installations peu profondes.

 

La géothermie ne produit pas de chaleur à partir de rien. Elle permet de transférer l’énergie présente dans le sol vers un bâtiment, avec l’aide d’une pompe à chaleur. Cette solution peut être intéressante pour des logements, des bâtiments publics ou certains quartiers.

 

Elle demande toutefois une étude sérieuse.

  • La nature du sol.

  • La profondeur disponible.

  • Les besoins du bâtiment.

  • L’espace nécessaire.

  • La performance de la pompe à chaleur.

  • L’électricité utilisée pour la faire fonctionner.

 

Tous ces éléments doivent être analysés. La géothermie n’est donc pas une réponse universelle. Mais elle peut devenir une composante importante d’un système énergétique diversifié.

Les chaleurs perdues : une énergie qui existe déjà

Notre territoire produit parfois de la chaleur sans l’utiliser. 

  • Des installations industrielles rejettent de l’air chaud.

  • Des systèmes de refroidissement évacuent de l’énergie.

  • Des équipements techniques produisent de la chaleur comme sous-produit.

  • Des eaux usées quittent les bâtiments à une température supérieure à celle de l’environnement.

 

Cette chaleur est souvent considérée comme un déchet. Elle peut pourtant devenir une ressource. On parle alors de chaleur fatale.

 

La récupérer permet d’éviter de produire une quantité équivalente d’énergie ailleurs. Cette logique est particulièrement intéressante lorsqu’une source de chaleur se trouve à proximité d’un bâtiment, d’une entreprise ou d’un réseau. Elle demande cependant une bonne correspondance entre la production et le besoin.

  • La température doit être suffisante.

  • La distance doit rester raisonnable.

  • La chaleur doit être disponible au moment où elle est utile.

 

Chaque situation doit donc être étudiée au cas par cas. Mais le principe est simple :

 

Avant de produire une nouvelle énergie, commençons par valoriser celle qui est déjà là.

Les bâtiments et les toitures sont aussi des ressources

Lorsque nous parlons de ressources locales, nous pensons souvent aux éléments naturels. Mais le patrimoine construit possède lui aussi un potentiel.

  • Une toiture peut produire de l’électricité.

  • Une cave peut accueillir un ballon de stockage.

  • Un bâtiment public peut devenir le point de départ d’un réseau de chaleur.

  • Un parking peut recevoir une couverture photovoltaïque.

  • Une école peut servir de démonstrateur.

  • Une maison de village peut devenir un lieu d’information et de formation.

 

Les bâtiments ne sont donc pas uniquement des consommateurs. Ils peuvent devenir des producteurs, des lieux de stockage et des points d’ancrage pour de nouveaux projets.

L’agriculture au cœur du territoire

Les exploitations agricoles occupent une place importante dans la vie rurale. Elles disposent de bâtiments, de toitures, de matières organiques, d’équipements et de consommations énergétiques spécifiques. Elles peuvent donc participer à la transition de plusieurs manières.

  • Production photovoltaïque.

  • Valorisation de certains résidus.

  • Gestion des haies.

  • Stockage de carbone dans les sols.

  • Adaptation des pratiques agricoles.

  • Participation à des communautés d’énergie.

 

Mais là encore, la prudence s’impose.

  • La production énergétique ne doit pas concurrencer la production alimentaire.

  • Les sols agricoles ne doivent pas devenir de simples supports techniques.

  • Les projets doivent préserver la fertilité, les paysages et l’activité des exploitants.

 

La transition énergétique doit renforcer l’agriculture locale, pas la fragiliser.

L’éolien : une ressource à encadrer

Le vent fait également partie des ressources disponibles. Dans certaines zones, il peut contribuer de manière significative à la production d’électricité. Contrairement au photovoltaïque, l’éolien peut produire en hiver et durant la nuit. Cette complémentarité présente un intérêt évident. Mais une éolienne transforme fortement le paysage. Elle peut susciter des inquiétudes.

 

Son implantation doit donc répondre à des critères stricts.

  • Qualité du vent.

  • Distance par rapport aux habitations.

  • Protection de la biodiversité.

  • Intégration paysagère.

  • Accès au réseau électrique.

  • Retombées pour le territoire.

  • Participation citoyenne.

 

Un projet ne peut pas être jugé uniquement sur la quantité d’électricité produite. Il doit aussi être évalué selon son utilité locale, ses impacts et la manière dont la valeur créée sera répartie.

 

Lorsqu’un projet utilise une ressource du territoire, il est légitime qu’une part significative de ses bénéfices revienne aux habitants et aux projets locaux.

Une ressource essentielle : les données

Pour utiliser correctement les ressources locales, il faut les connaître.

  • Combien d’électricité une toiture peut-elle produire ?

  • Quelle quantité de bois peut être mobilisée durablement ?

  • Quels sont les besoins de chaleur d’un quartier ?

  • À quel moment les bâtiments consomment-ils ?

  • Quelle quantité d’énergie est perdue ?

  • Quels réseaux existent déjà ?

 

Sans données fiables, les projets reposent sur des impressions. Avec des données précises, il devient possible de dimensionner correctement les installations, de comparer les solutions et de vérifier les résultats.

 

Les données constituent donc une ressource à part entière. Elles permettent de transformer un potentiel théorique en projet concret.

La diversité plutôt que la dépendance

Aucune ressource locale ne pourra répondre seule à tous les besoins de Nassogne.

  • Le soleil ne produit pas toujours.

  • Le bois est limité.

  • L’eau doit être protégée.

  • Le sol ne convient pas à tous les bâtiments.

  • Le vent dépend des lieux.

  • Les chaleurs perdues ne sont pas disponibles partout.

 

C’est précisément pour cette raison que la diversité constitue une force.

  • Le photovoltaïque peut compléter l’éolien.

  • Le stockage peut valoriser les excédents.

  • Le bois peut fournir une chaleur stable.

  • Les pompes à chaleur peuvent utiliser l’eau ou le sol.

  • Les bâtiments rénovés réduisent les besoins.

  • Les communautés d’énergie peuvent rapprocher les productions des consommateurs.

 

La résilience ne repose pas sur une technologie miracle. Elle repose sur la capacité à associer plusieurs ressources et plusieurs solutions.

Choisir selon des critères objectifs

Chaque projet doit être évalué selon les mêmes questions. 

  • Répond-il à un besoin réel ?

  • La ressource est-elle disponible durablement ?

  • Quel est son coût complet ?

  • Quels sont ses impacts sur l’environnement ?

  • Réduit-il réellement les émissions ?

  • Renforce-t-il l’autonomie du territoire ?

  • Qui possède l’installation ?

  • Qui supporte les risques ?

  • Qui bénéficie des retombées ?

 

Cette méthode évite les effets de mode. Elle permet de choisir les technologies sur la base de critères objectifs.

 

Le territoire ne doit pas s’adapter à une solution technique. La solution technique doit s’adapter au territoire.

Transformer nos richesses en projet territorial

Nassogne ne part pas de rien. La commune possède déjà une partie des ressources nécessaires à sa transition. Mais une ressource ne devient utile que lorsqu’elle est connue, protégée, organisée et mise au service d’un besoin.

  • Le soleil sur une toiture ne devient énergie que si une installation est réalisée.

  • Le bois ne devient chaleur que s’il est géré, préparé et utilisé dans une chaufferie adaptée.

  • La chaleur du sol ne devient utile que si le bâtiment est suffisamment performant.

  • Une production locale ne devient une richesse territoriale que si ses bénéfices sont partagés et réinvestis.

 

Le véritable enjeu n’est donc pas seulement de produire localement. Il est de construire une organisation capable de relier les ressources, les installations et les habitants.

 

C’est à cette condition que les richesses naturelles de Nassogne pourront devenir les fondations d’une autonomie durable.

L’essentiel à retenir

  • Nassogne dispose de ressources énergétiques diversifiées : soleil, bois, eau, sol, vent et chaleurs déjà disponibles.

  • Une ressource locale doit toujours être utilisée dans le respect de sa capacité de renouvellement.

  • Le photovoltaïque, la biomasse, l’aquathermie, la géothermie et l’éolien sont complémentaires.

  • Les bâtiments, les toitures, les exploitations agricoles et les données constituent également des ressources.

  • Aucune technologie ne peut répondre seule à tous les besoins.

  • Les choix doivent reposer sur des critères objectifs, notamment l’utilité locale, les impacts, les coûts et les retombées.

  • Produire localement n’a de sens que si la valeur créée bénéficie aussi au territoire.

 

Dans le prochain épisode…

 

Épisode 6 – Produire localement sans dépendre d’une solution unique

 

Après avoir identifié les ressources disponibles, il faut choisir les moyens de les transformer en énergie utile. Photovoltaïque, biomasse, pompes à chaleur, aquathermie, géothermie, récupération de chaleur et éolien : comment associer ces technologies sans céder aux effets de mode ni créer de nouvelles dépendances ?

Les ressources de notre territoire

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